Rencontré en marge des essais mondiaux de la Clio 4 organisés en Italie, Mr Jean-Christophe Kugler, Directeur Des Opérations de la Région Euromed-Afrique au sein de Renault nous a fait l’honneur de répondre à nos questions. Il porte de grands espoirs sur la Clio 4, parle de la situation de la marque Dacia et scrute le marché automobile Algérien pour pouvoir proposer les quantités suffisantes de véhicules aux clients Algériens.
– Quelle est la situation de Renault dans les marchés arabes et méditerranéens ?
– Ce qu’il faut avoir en tête, c’est que Renault est sur une stratégie cherchant à développer au maximum tous les marchés hors Europe et profiter de la croissance qui s’y trouve. Quand on regarde en particulier des zones comme la Turquie ou le Maghreb, ce sont des marchés où nous progressons à grand pas.
L’Afrique est une zone ou nous voulons accroitre notre présence c’est pour cela que nous voulons y investir de façon très importante. Nous comptons sur quelque très bon partenaires avec lesquels nous avons de beaux projets mais pour l’instant nous jouons la carte de quelques pays, je citerai par exemple l’Angola qui fait une très belle performance, la Côte-d’Ivoire également où Renault fait aux alentours de 14% de parts de marchés un peu comme la Turquie (15 – 17 %). Donc on commence à prendre nos positions en Afrique, avec un focus stratégique sur l’Afrique du Sud où nous sommes à un niveau encore très faible.
– Les modèles Dacia semblent avoir démocratisé encore plus l’accès à l’automobile, quelle est la situation de cette marque dans votre zone ?
– C’est une très forte marque. Ce qui est intéressent chez elle, c’est que finalement elle s’est adossée à Renault qui est une marque de qualité reconnue, crédible dans ces pays et on a réussi a faire croitre Dacia de façon très importante sans détruire la marque Renault, puisque tout le monde nous disait que si vous poussez Dacia ça va cannibaliser Renault mais en fait pas du tout.
Quand on observe l’évolution sur plusieurs années on s’aperçoit que Dacia est venue renforcer la présence du groupe et aider les concessionnaires à avoir une meilleure rentabilité, donc globalement c’est une affaire qui se déroule très bien notamment avec l’arrivée de la Sandero Stepway et du Duster. Dacia est une marque de plus en plus valorisante qui s’implante à mon avis pour très longtemps dans ces pays.
– Le Style des modèles Renault a bien évolué. Comment est-il accueilli dans les marchés Euromed selon vos premières analyses, notamment après avoir dévoilé les premiers clichés de la nouvelle Clio?
– Je dirais que c’est une très très belle surprise pour nous, on était confiants parce qu’on savait que notre nouveau designer, Laurens Van Acker nous avait apporté avec son équipe quelque chose de très nouveau, en rupture avec ce qui se faisait auparavant. Il avait fait un peu de teasing avec DeZir et on voyait ce qu’il voulait faire. Remplacer Clio n’est jamais simple pour nous et là il a réussi vraiment à ramener beaucoup d’inspiration. On avait fait un peu de teasing pour dévoiler petit à petit le véhicule et non seulement il n’y a pas eu de déception mais au contraire il y a eu un vrai engouement dans tout les pays.
On l’a dévoilé auprès de 5000 concessionnaires dans le monde et tous les concessionnaires de ma région sont venus me voir pour exprimer leur joie quand à la réussite de conception de la voiture, ils étaient vraiment très enthousiastes et agréablement surpris. Les premiers retours des journalistes ont confirmé leur enthousiasme avant même les essais.
– En Europe c’est la crise alors que dans les pays du sud certains clients souffrent des longs délais de livraison, comment gérez-vous cette situation et quel est selon vous la solution?
– Je dirai que l’Algérie souffre clairement d’une crise de croissance, aujourd’hui l’infrastructure en Algérie n’est pas compatible avec l’explosion du marché. Il n’y a pratiquement aucun marché dans le monde qui réalise une progression de 50% comme on le fait en Algérie. Et donc tous ces véhicules sont des véhicules importés, ils arrivent aux ports mais finissent très difficilement chez les clients, malgré toute la bonne volonté des équipes portuaires. Je peux vous dire qu’on est vraiment bien accompagné par le directeur du port et tout son staff qui cherchent à trouver des solutions avec nous même si c’est très complexe en particulier d’un point de vue logistique, en effet il est très difficile d’évacuer les véhicules des différents ports .
Pour les usines, nous avons clairement les moyens de fabriquer des véhicules pour l’Algérie, et nous y travaillons.
– Pensez-vous que les modèles électriques de Renault ont un avenir en Algérie ?
– On ne l’a pas prévu pour l’instant mais nous aimons la technologie et les algériens aussi. On a montré Twizy aux algériens qui l’on agréablement accueillie, du coup on se pose la question certes, mais on n’a pas pris de décision encore. On est entrain de regarder avec les équipes techniques la faisabilité de sa commercialisation. Le prix de l’essence est très bas en Algérie ce qui fait qu’il n’ya pas une grande demande sur ce type de véhicule, mais je ne dit pas non, on y réfléchit…
-Comment voyez-vous l’avenir de Clio IV ?
– Je pense qu’on va avoir beaucoup de bonnes surprises et qu’on va avoir un problème, celui d’avoir du mal à fournir des véhicules, pas spécialement pour le marché algérien mais pour tous les autres.
Je pense qu’on va traiter des problèmes sympathiques qui seront des problèmes de clients qui aiment nos produits et qui en demandent plus. Il faudra donc bien adapter la cadence de production, et avec la possibilité de personnalisation du véhicule que nous offrons aux clients, on a fait quelque chose de très bien alors je dirais que le taux de demande sera élevé.
Globalement, la Clio 4 a beaucoup de potentiel et on mesurera petit à petit le succès du véhicule, on va pas mal s’amuser à la lancer.